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Sur la paracha

Paracha « Reéh » – Selon le don de sa main

Rav Adiria Pinchas

Rav Adiria Pinchas

Directeur du département des restaurants et chaînes de distribution et coordinateur du comité de cacheroute au Grand Rabbinat


Lorsque l'homme considère ce qu'il possède comme une chose qui lui a été donnée par D.ieu, il lui est plus facile de donner à autrui. C'est un dépôt particulier, que l'homme est autorisé à utiliser selon ses besoins — mais le surplus, il doit le donner à autrui.

À la fin de la paracha « Réé » apparaît le sujet des trois fêtes de pèlerinage et des offrandes que les pèlerins doivent y apporter. Le verset qui clôt la paracha est[1] : « Chacun selon le don de sa main, selon la bénédiction que D.ieu ton D.ieu t'a donnée. » Selon l'explication simple, cela signifie que chacun doit apporter des offrandes selon ses moyens, et selon la bénédiction que D.ieu lui a accordée. Le sens simple est qu'il ne faut pas lésiner sur les offrandes ; mais certains expliquent[2] qu'il ne faut pas non plus offrir au-delà de ses capacités, de peur que celui qui offre n'en vienne à une situation où il aura besoin de l'aide d'autrui.

On peut expliquer le verset d’une autre manière. Parfois, il est difficile pour l’homme de donner de son argent, car il le gagne par son labeur. Mais lorsqu’on comprend que ce que nous avons est en réalité un don et une bénédiction de D.ieu, alors les choses deviennent plus faciles. Ainsi, on résout la difficulté dans le verset : « selon le don de sa main, selon la bénédiction de l’Éternel… qu’Il t’a donnée » [1]. « Le don de sa main » — au discours indirect, alors que toute la Paracha est au discours direct. Si nous expliquons que « le don de sa main » (discours indirect) est le don de la main du Saint béni soit-Il [3], tout s’éclaire. Quand l’homme considère ce qu’il a comme un don de D.ieu, il lui est plus facile de donner à autrui. Nos maîtres ont enseigné dans les Pirke Avot [4] que l’homme doit consacrer tous les dons qu’il a reçus du Créateur pour le Ciel : sa force, son courage, sa sagesse, sa mémoire, sa belle voix [5], et tous les dons qui lui ont été confiés. C’est un dépôt spécial. Le Créateur dit : « Prends les cent pour toi, et donne les neuf cents à neuf personnes » — et il se réjouit [6].

[1] Devarim, chapitre 16, verset 17.

[2] Commentaire du Sforno.

[3] D’après le commentaire « Kli Yakar ».

[4] Chapitre 3, michna 7 : Rabbi Elazar de Bartota dit : « Donne-Lui de ce qui est à Lui, car toi et ce qui est à toi êtes à Lui. » Et ainsi est-il dit au sujet de David : « Car tout vient de Toi, et c’est de Ta main que nous T’avons donné » (Divrei Hayamim I [Chroniques I], chapitre 29, verset 14).

[5] Commentaire « Tiféret Israël ».

[6] Commentaire « Maguen Avot » du Rachbats, au nom de Rabbénou Yona.