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À propos de la kehila

L’histoire de la synagogue


Les premières années de la synagogue nous sont connues surtout par les souvenirs et les notes écrites de Shmouel Zilberfarb, l’un des vétérans de la communauté, qui a grandi tout à côté. Ainsi l’histoire s’est-elle conservée — depuis le milieu des années cinquante, telle que la voyait un garçon du quartier.

La première synagogue était une baraque de bois derrière l’imprimerie Somekh, au cœur du quartier de Mahané Yehouda, qu’on appelait alors « le quartier allemand » : des Allemands y vivaient avant la Seconde Guerre mondiale, et s’enfuirent en Allemagne quand elle éclata. À leur place s’installèrent des familles juives — pour la plupart des rescapés de la Shoah arrivés en Israël après la guerre. Des années durant s’y réunit un minyan ashkénaze complet, et la synagogue ouvrait surtout le Chabbat et les fêtes.

La maison reposait sur ses gabbaïm. Au temps de la baraque, c’étaient Mikhl Boberman le charretier et Moshé Goldblat, dont la famille tenait la boulangerie de bagels ; après eux — Tsvi Lederman, dont le fils sonnait du chofar, Batya Zilberfarb, la mère de Shmouel, et Yona Filin le trésorier.

En 1963 ou 1964, la baraque brûla — Mikhl Boberman sauva les rouleaux de la Torah au dernier moment. Avec l’aide de l’adjoint au maire Marmelstein, la communauté reçut une salle de classe à l’ancienne école Netsah, rue HaAri HaKadosh — première des synagogues qui s’y installeraient.

Puis, à la demande de Batya, Marmelstein transmit à la communauté le terrain de l’ancien jardin d’enfants — en échange du terrain où s’était dressée la synagogue incendiée, et où fut bâti un nouveau jardin. C’est là que la synagogue se trouve encore aujourd’hui. Les gabbaïm d’alors étaient Israël Strozer, Batya et Moshé Ackerman.

De leur temps vint la grande rénovation — avec Shmouel Horowitz et Ye’hezkel Rosenblum, le gendre de Mikhl : on bâtit l’étage de la ezrat nashim, on ajouta les sanitaires et la kitchenette. L’essentiel de l’argent fut de nouveau réuni avec l’aide de Marmelstein, l’adjoint au maire du parti Mafdal. Des années plus tard, il prit des nouvelles de la synagogue et dit à Shmouel : « Je savais que vous ne votiez pas Mafdal, mais les Juifs ont besoin d’une synagogue. »

Dans les années soixante-dix arrivèrent de Russie, par Kfar Habad, le Rav Moshé Zaïtchik — qui, en Russie déjà, avait étudié aux côtés du Hazon Ich — et Moshé Ackerman. Ils savaient prier, connaissaient leur yiddishkeit, et renforcèrent grandement la synagogue : le Rav Zaïtchik donnait des cours et faisait autorité dans la maison, bien qu’il ne se soit jamais dit rabbin ; et Ackerman dirigea la synagogue de longues années — et connut une belle vieillesse.

Avec le temps, Shayké Avidan — ce voisin de la rue Nahman de Breslev que Batya appelait pour compléter le minyan du Chabbat — devint le trésorier, avec Yoav et Asher, qui dirigent la synagogue depuis de longues années.

Et des décennies durant, le Rav Israël Sharabi donna un cours de Guemara chaque lundi — Berakhot, Sanhédrin et d’autres traités — envoyant un remplaçant même lorsqu’il tomba malade. Pour les fêtes on faisait venir des ’hazanim ; une fois, le père de Shmouel demanda au Rav Shlomo Miller de conduire la prière. Moshé Kimelman lut la Torah de longues années.

Et par-dessus tout — l’esprit du lieu : jamais personne n’y fut rejeté, et il n’y eut pas de querelles. Quiconque en franchissait le seuil était accueilli avec amour et respect. « Tous vivaient dans la fraternité et l’unité. »

D’après un entretien et les notes écrites de Shmouel Zilberfarb, août 2026 ; dates et noms tels que la mémoire les a gardés.