Les mitsvot de la Torah, paracha par paracha

Lévitique

Les mitsvot de Behar


D’après le Séfer HaHinoukh · un Lévite de Barcelone

Mitsvot dans la paracha: 24 Positives: 7 Négatives: 17

  1. 326

    Ne pas travailler la terre la septième année

    Négative Lévitique 25:4

    La mitsva vient ancrer dans nos cœurs que le monde a été créé - de même que D.ieu a créé en six jours et s’est reposé le septième, nous comptons six années et nous nous reposons la septième, si bien que la chose ne quitte jamais nos yeux. Ainsi l’homme se souvient que la terre ne donne pas ses fruits par sa propre force, car il y a un Maître au-dessus d’elle et au-dessus de ses propriétaires. De plus, celui qui laisse sa terre une année entière acquiert la générosité et grandit dans sa confiance en D.ieu.

  2. 327

    Ne pas soigner non plus les arbres la septième année

    Négative Lévitique 25:4

    La racine du repos pour les arbres est celle de toute l’année de chemita. De même que D.ieu a créé le monde en six jours et s’est reposé le septième, nous travaillons six années et nous nous reposons la septième, en nous souvenant que la terre ne donne pas ses fruits par sa propre force mais par la volonté de son Maître. Et celui qui laisse son champ et sa vigne une année entière acquiert la générosité et grandit dans sa confiance en D.ieu.

  3. 328

    Ne pas moissonner ce qui a poussé de soi-même la septième année

    Négative Lévitique 25:5

    La Torah veut que, la septième année, l’homme se conduise comme si rien n’était en sa possession, mais que tout est en la possession du Maître de tout. C’est pourquoi même ce que la terre fait pousser d’elle-même ne se moissonne pas à la manière habituelle des moissonneurs, et ainsi nous nous souvenons que le monde a été créé et apprenons que la terre et ses fruits appartiennent à D.ieu.

  4. 329

    Ne pas cueillir les fruits des arbres la septième année comme on les cueille les autres années

    Négative Lévitique 25:5

    La racine de cette mitsva est celle de toute l’année de chemita. Lorsque l’homme cueille les fruits de son arbre autrement, et non à sa manière de chaque année, il montre que cette année tout est comme abandonné, et se souvient que la terre n’est pas entièrement à lui, mais qu’il y a un Maître au-dessus d’elle. Et par là il acquiert la générosité et affermit sa confiance en D.ieu.

  5. 330

    La mitsva de compter sept cycles de sept années

    Positive Lévitique 25:8

    D.ieu a voulu faire savoir à Son peuple que tout est à Lui, et qu’en fin de compte chaque patrimoine revient à celui à qui Il a voulu le donner au départ, car la terre est à Lui. En comptant les années jusqu’au Jubilé, les hommes se garderont de s’emparer de la terre de leur prochain et de la convoiter, sachant que tout reviendra à son propriétaire. Et l’auteur du Hinoukh ajoute que les sages ont vu un grand secret dans le compte par sept, qui revient dans les chabbats, l’année de chemita, le Jubilé et les fêtes.

  6. 331

    La mitsva de sonner du chofar à Yom Kippour de l’année du jubilé

    Positive Lévitique 25:9

    Le son du chofar éveille le cœur des hommes, et libérer un serviteur qui a servi son maître longtemps est très pénible aux yeux du maître. C’est pourquoi on sonne dans tout le pays, et lorsque chacun entend que la chose se fait partout et par tous, le cœur se fortifie pour accomplir la mitsva, car rien ne fortifie les cœurs comme l’action du grand nombre. Le serviteur lui-même est aussi éveillé à sortir en liberté, et ainsi tout revient en la possession du Maître de tout.

  7. 332

    La mitsva de sanctifier l’année du jubilé

    Positive Lévitique 25:10

    La sainteté de la cinquantième année procède de la même racine que le compte des années du Jubilé. D.ieu a voulu accorder à Son peuple le mérite d’accepter Sa royauté et lui faire savoir que la terre est à Lui, et c’est pourquoi, cette année-là, les produits sont abandonnés à tous, les serviteurs sortent libres et les patrimoines reviennent à leurs propriétaires.

  8. 333

    Ne pas travailler la terre l’année du jubilé

    Négative Lévitique 25:11

    La racine du repos du Jubilé est comme celle de la chemita et du compte des années. La cinquantième année, la terre se repose du travail, afin que nous nous souvenions que la terre appartient à D.ieu et que c’est Lui qui donne ses fruits, et que nul ne pense que son patrimoine est sa propriété absolue.

  9. 334

    Ne pas moissonner ce qui a poussé de soi-même l’année du jubilé

    Négative Lévitique 25:11

    Comme la septième année, l’année du Jubilé aussi, ce qui pousse de soi-même ne se moissonne pas à la manière habituelle des moissonneurs, mais autrement. Ainsi l’homme montre que cette année rien n’est à lui en propre, et que tout appartient au Maître de tout.

  10. 335

    Ne pas cueillir les fruits des arbres l’année du jubilé comme on les cueille les autres années

    Négative Lévitique 25:11

    La loi de la chemita et celle du Jubilé sont une, et tout procède d’une seule racine. Lorsque l’homme cueille les fruits de l’arbre l’année du Jubilé autrement qu’à sa manière des autres années, il montre que les fruits sont comme abandonnés, et se souvient que la terre et ses fruits appartiennent à D.ieu.

  11. 336

    La mitsva de juger entre l’acheteur et le vendeur

    Positive Lévitique 25:14

    La racine des lois est connue, car la raison en témoigne et la recherche - ce n’est que par un jugement juste que la société des hommes subsiste. Or l’achat et la vente sont une chose constante, sans laquelle les hommes ne peuvent vivre même un seul jour, et c’est pourquoi une mitsva particulière a été donnée à leur sujet.

  12. 337

    Ne pas léser dans l’achat et la vente

    Négative Lévitique 25:14

    La raison témoigne qu’il ne convient pas de prendre l’argent des gens par le mensonge et la tromperie, mais que chacun doit acquérir honnêtement ce que D.ieu lui accorde par son labeur. Le profit est pour tous, car de même qu’il ne lésera pas les autres, les autres ne le léseront pas, et même celui qui sait tromper mieux que ses semblables - peut-être ses enfants ne seront-ils pas comme lui et se retrouveront-ils trompés. La chose est donc égale pour tous, et son utilité pour la bonne marche du monde est grande.

  13. 338

    Ne blesser personne en Israël par la parole

    Négative Lévitique 25:17

    La racine de cette mitsva est connue - mettre la paix entre les hommes. Grande est la paix, car par elle la bénédiction se trouve dans le monde, et pénible est la discorde, car tant de malédictions et d’écueils en dépendent.

  14. 339

    Ne pas vendre à perpétuité un champ en Terre d’Israël

    Négative Lévitique 25:23

    La racine de cette mitsva est celle de tout le Jubilé. D.ieu a voulu faire savoir que la terre est à Lui, et que chaque patrimoine revient finalement à celui à qui Il l’a donné au départ. C’est pourquoi on ne vend pas un champ à perpétuité, afin que nul ne pense pouvoir retirer un patrimoine aux propriétaires que D.ieu lui a assignés.

  15. 340

    La mitsva de rendre la terre à ses propriétaires au jubilé

    Positive Lévitique 25:24

    D.ieu a voulu faire savoir à Son peuple que tout est à Lui, et que chaque terre revient à celui à qui D.ieu a voulu la donner en possession, et ainsi les hommes se tiendront loin de convoiter et de s’approprier la terre de leur prochain. C’est comme les rois qui, de temps à autre, reprennent les terres de leurs seigneurs pour leur rappeler qui est le maître. Mais eux le font par crainte que les seigneurs ne se révoltent, tandis que D.ieu l’a ordonné pour nous faire mériter et nous faire du bien.

  16. 341

    La mitsva du rachat des maisons des villes fortifiées pendant une année

    Positive Lévitique 25:29

    L’auteur du Hinoukh explique brièvement qu’une maison dans une ville fortifiée qui n’est pas rachetée dans l’année passe définitivement à l’acheteur par amour de la Terre, comme une sorte d’amende que la Torah a imposée au vendeur. Ainsi le vendeur s’efforcera de racheter sa maison rapidement et ne laissera pas son patrimoine lui échapper.

  17. 342

    Ne pas changer la destination des terrains des lévites

    Négative Lévitique 25:34

    Les villes des Lévites servaient toutes les tribus, car la tribu de Lévi avait été choisie pour le service de D.ieu et son occupation était la sagesse et l’enseignement de la Torah, et parmi ses villes se trouvaient aussi les villes de refuge. Les yeux de tout Israël étaient donc tournés vers ces villes, et il convenait qu’elles soient d’une beauté et d’une grâce parfaites, pour l’honneur de tout Israël. Et puisque le Maître de la sagesse a fixé leurs limites et a vu que cela était bien, tout changement ne peut qu’y porter atteinte.

  18. 343

    Ne pas prêter à intérêt à un Juif

    Négative Lévitique 25:37

    D.ieu désire le bien-être de Son peuple, et c’est pourquoi Il a ôté de leur chemin un piège par lequel l’un engloutit l’argent de son prochain sans que celui-ci s’en aperçoive, jusqu’à ce que sa maison soit vidée de tout bien. Telle est la voie de l’intérêt, et c’est pourquoi il est appelé néchekh, une morsure. Et lorsque le prêteur, le garant, les témoins et le scribe s’abstiennent tous d’y prendre part, les hommes s’en éloignent.

  19. 344

    Ne pas imposer à l’esclave hébreu un travail dégradant, comme à un esclave cananéen

    Négative Lévitique 25:39

    Le serviteur hébreu est un fils du peuple honoré, et lorsque l’homme veille à sa dignité, il apprend à aimer son peuple et sa Torah. Il se souviendra aussi que, de même que cet homme a été vendu à cause de sa détresse, la même chose pourrait lui arriver, à lui ou à ses enfants, si la faute l’entraîne, et avec cette pensée il se gardera de la faute. De plus, l’homme exerce ainsi son âme à la bonté et à la compassion et s’éloigne de la cruauté.

  20. 345

    Ne pas vendre l’esclave hébreu aux enchères

    Négative Lévitique 25:42

    La racine de cette mitsva est connue - il ne convient pas à l’homme de faire peu de cas de la dignité de son prochain, même si ses fautes l’ont conduit à être vendu. Car il ne sait pas si demain il n’en viendra pas lui aussi à une telle situation.

  21. 346

    Ne pas imposer à l’esclave hébreu un travail écrasant

    Négative Lévitique 25:43

    L’auteur du Hinoukh ne s’étend pas sur la racine de cette mitsva, mais il remarque qu’il faut en garder l’esprit aujourd’hui encore envers les pauvres qui travaillent dans la maison. L’homme doit prendre à cœur que la richesse et la pauvreté sont une roue qui tourne dans le monde, et que D.ieu les donne à qui Il juge bon et pour le temps qu’Il veut. C’est pourquoi on n’accablera pas son prochain d’un travail dur et inutile, car ce qui est entre ses propres mains peut aussi se perdre par sa faute.

  22. 347

    La mitsva de l’esclavage perpétuel de l’esclave cananéen

    Positive Lévitique 25:46

    L’auteur du Hinoukh explique que le peuple d’Israël est destiné à connaître son Créateur et à Le servir, et qu’il a besoin d’aide dans ses travaux. S’il n’avait pas de serviteurs issus des nations, les enfants d’Israël seraient contraints de s’asservir les uns aux autres et ne seraient pas libres pour le service de D.ieu, et c’est ce que dit le verset juste après - que nul ne domine son frère avec dureté. Et puisque le fondement de la mitsva est d’accroître le service de D.ieu, les sages ont permis d’affranchir un serviteur lorsque cela entraîne une mitsva, par exemple pour compléter un minyan.

  23. 348

    Ne pas laisser un non-Juif accabler l’esclave hébreu qui lui a été vendu

    Négative Lévitique 25:53

    L’auteur du Hinoukh écrit que la racine de cette mitsva est évidente pour tous. Même lorsqu’un Juif s’est vendu à un non-Juif, il reste notre frère, et nous ne devons pas laisser qu’on le fasse travailler durement sous nos yeux sous prétexte qu’il s’est lui-même mis dans cette situation.

  24. 349

    Ne pas se prosterner sur une pierre sculptée, même devant D.ieu

    Négative Lévitique 26:1

    Le Rambam a écrit que telle était la coutume des idolâtres - placer devant l’idole une belle pierre ornée et se prosterner sur elle. L’auteur du Hinoukh ajoute que celui qui se prosterne sur une telle pierre semble se prosterner devant la pierre elle-même, qui est durable et belle, et il y a donc place au soupçon. Or la Torah éloigne l’homme de tout ce qui pourrait attirer le soupçon sur lui, et aussi pour que d’autres ne trébuchent pas à sa suite.